Antilope a 6 ans: Pourquoi on a choisi d’arrêter de croître

par | 10 Juil 2024

Pas envie de tout lire? Voici un résumé:

Dans la dernière année, on a changé totalement de cap au niveau de notre objectif d’impact, en remplaçant la croissance de taille pour maximiser l’impact fait sur chaque entreprise et chaque membre de l’équipe.

SOMMAIRE

Antilope a maintenant 6 ans! Et oui, je te préviens, le titre est un peu clickbait. 👀

Beaucoup d’entreprises existent depuis plus longtemps, c’est vrai, mais vu toutes les données épeurantes que l’on peut voir sur le fait que seulement 63% des entreprises survivent plus de 5 ans, ça fait du bien de passer ce cap symbolique.

L’année 2023-2024 a été très importante et transformatrice pour nous – réduction d’équipe, changement de cap au niveau des objectifs, et réflexion profonde sur la façon dont notre impact peut être le plus important.

La lenteur de 2023

On commence en début de fausse-vraie-récession, au printemps 2023.

Niveau publicitaire, l’incertitude économique ne semble pas drastiquement impacter les résultats de notre clientèle. Bonne nouvelle: la publicité leur permet de continuer d’avoir un apport de ventes plutôt stable, et tout roule.

Par contre, pour les entreprises qui n’investissent pas encore en publicité, faire le saut fait plus peur qu’avant. 

Et comme on demande des budgets relativement élevés pour travailler avec nous (8000$+/mois), c’est un saut dans le vide qui fait extrêmement peur pour beaucoup d’entreprises, considérant le fait que le reste de l’année est incertain, d’un point de vue économique.

Bref, là où on n’a pas constaté de diminution significative dans la performance publicitaire directe de nos clientes et clients, on l’a vu dans notre capacité à convaincre d’autres entreprises de franchir le cap et déléguer leur stratégie publicitaire.

Côté performance de l’agence, ça a été le début d’un lent ralentissement: même si la majorité de notre clientèle renouvelle ses mandats, il est devenu beaucoup plus difficile de remplacer les entreprises qui sont parties. 

Et ça a continué jusqu’à l’automne.

Après la pluie

Suite à ça est venu l’automne, qui fut extrêmement chargé. C’est comme si toutes les entreprises s’étaient passé le mot pour attendre les derniers mois de l’année pour faire le pas et travailler avec nous, soit en nous confiant leur stratégie publicitaire déjà en place, soit en commençant de zéro.

Et donc, le milieu d’année extrêmement lent s’est transformé en fin d’année remplie d’entreprises prêtes à aller de l’avant, pour fin 2023 et début 2024.

Évidemment, comme on est une petite équipe, il suffit de quelques entreprises qui sont prêtes en même temps pour accélérer drastiquement notre croissance et augmenter notre charge de travail. 

Ça veut dire qu’avec un peu de variabilité statistique pendant une saison, on peut se retrouver avec un afflux plus ou moins important que prévu. Mais dans ce cas-ci, vu l’année, on ne s’y attendait pas.

Cela dit, la montagne russe, autant sa descente que sa remontée, a été un bon moment de réflexion sur l’objectif et la direction que devait prendre l’agence.

Et cette réflexion commence par un retour aux sources.

La raison pour laquelle j’ai lancé Antilope

Des agences, il y en a des centaines (voire des milliers?) au Québec seulement. 

C’est l’un des types d’entreprises avec le moins de coûts à l’entrée: quasiment n’importe qui peut, avec quelques tutoriels sur YouTube, s’improviser marketeur ou marketeuse et annoncer ses services. Pas d’ordre professionnel, pas d’examen d’entrée, rien.

Et même que de bonnes agences qui offrent de bons services, il y en a beaucoup. Alors, pourquoi en lancer une de plus?

Je l’ai fait avec le souhait – un peu naïf – d’arriver à créer un environnement de travail différent.

Des histoires d’horreur et/ou de burn-out, c’est monnaie courante dans le domaine. Généralement, pour une personne prête à commencer sa carrière en marketing, l’agence va être un point de départ excellent pour commencer sa formation, mais pas une fin en soi.

Et après quelques années à travailler plus qu’il ne le faudrait, en étant payé moins qu’il ne le faudrait, c’est le temps de quitter, et d’aller trouver un emploi bien meilleur en entreprise.

J’ai lancé Antilope avec comme objectif premier de créer un environnement différent de ce scénario.

Un espace où tout le monde n’a pas à se surmener, et peut évoluer sans avoir à sacrifier son sommeil, sa santé, ou quoi que ce soit d’autre.

L’idée première, celle qui a initié Antilope, était de mettre en place une structure plus “équilibrée et intéressante” pour l’équipe, puis faire grossir l’agence au maximum, pour impacter le plus de personnes avec cet environnement de travail différent.

Mais la croissance sans limites, ça a ses limites…

Les sacrifices de la course

L’affaire, c’est que croître, ça demande de l’investissement, et de la priorisation.

Et, à un certain moment dans la croissance, on doit faire passer cette dernière devant les bénéfices à court et moyen termes pour les individus.

Par exemple, en croissance, il faut constamment chercher plus de nouvelle clientèle, et avoir plus de membres dans l’équipe, formés et prêts pour accueillir la charge en plus. Et ça, ça a des coûts.

Et une entreprise qui doit investir une bonne partie de ses revenus en coûts de croissance, c’est une entreprise qui peut un peu moins investir dans le bien-être, la formation et/ou le salaire de chaque employé ou employée.

Bref, je me suis rendu compte que la mission d’Antilope avait une dualité impossible: le but, c’est d’avoir les meilleures conditions pour chaque employé·e – sauf que, en voulant croître, on devait limiter ces conditions pour financer la croissance.

Dans les petits pots

Obtenir le meilleur des deux mondes se fait difficilement: on ne peut pas magiquement créer une grande entreprise du jour au lendemain, et s’y rendre vient nuire directement à notre mission.

Ce problème de taille fait apparaître une solution: simplement conserver une équipe plus petite, et ne pas viser de croître à l’infini.

Avec notre modèle, concrètement, ça signifie ne pas aller au-delà d’une équipe de 6 ou 7 personnes pour s’occuper de nos services clés en main auprès de nos clientes et clients en agence.

Mis à part l’inconvénient clair de devoir s’imposer une limite – ce que j’aborderai un peu plus loin – on y voit plusieurs gros avantages.

Premièrement, notre petite équipe se connaît, et est capable de travailler efficacement, de façon autonome, et sans grande hiérarchie. Ça fait un modèle plus efficient, qui demande moins de gestion, et donc, qui peut produire plus vite, avec une demande de temps plus basse.

En d’autres mots, pas besoin d’une directrice pour réviser le travail d’un gestionnaire, qui supervise le travail d’une employée, qui reçoit l’aide d’un stratège. Par exemple. 

Deuxièmement, ça nous permet d’avoir une expertise au plus haut niveau possible, tant pour gérer ou créer les campagnes publicitaires que pour en discuter avec nos clientes et clients.

Quand une cliente nous parle, c’est directement avec son gestionnaire de compte, qui s’est occupé de créer la stratégie, et qui optimise les campagnes au quotidien. 

Comme on n’est pas constamment en train de faire grandir l’équipe, on ne prend aucun risque sur l’expertise de nouvelles personnes, ou sur la connaissance de nos processus.

Finalement, le plus grand désavantage – le fait que l’on ait à limiter le nombre d’entreprises qui peuvent profiter de nos services – est en fait un important avantage, tant pour nous que pour notre clientèle.

Cette limite nous donne la possibilité d’être extrêmement sélectifs dans notre processus de vente. À aucun moment, on ne voudra proposer nos services à une entreprise pour laquelle on a des doutes sur la pertinence de la publicité. 

Et ce, simplement parce que des places pour de nouvelles entreprises, on en a que très peu. Alors, même si ce n’est jamais possible de prédire les résultats publicitaires, on veut s’assurer au maximum que chaque entreprise avec qui on travaille reparte avec:

  1. Les meilleurs résultats possible
  2. Une expérience agréable (AKA, on aime travailler ensemble)
  3. Un impact social/environnemental positif.

À l’heure où j’écris ces lignes, une file d’attente pour les prochains mois se remplit tranquillement.

Lorsqu’on considère que nos services sont adaptés pour une entreprise, on l’ajoute à notre liste d’attente pour nos services, et on réévalue la pertinence régulièrement – pour ne pas faire attendre quelqu’un pour rien.

Les prochaines étapes

Aujourd’hui, on est 4 dans l’équipe. Avec une personne en plus, en gestion de compte, on pourrait pratiquement doubler le nombre de client·e·s que l’on pourrait servir.

Par contre, j’attends au moins 2025 pour continuer sur cette lancée, simplement pour éviter d’être mal pris si un ralentissement similaire à celui de 2023 venait à se reproduire.

Alors, maintenant, mes objectifs ont changé. 

Je préfère développer une petite agence qui sert extrêmement bien sa clientèle et qui peut maximiser l’environnement de travail de son équipe…

…plutôt que de devoir sacrifier ces deux éléments pour tenter de faire profiter d’un modèle un peu moins intéressant à un peu plus de personnes.

Le résultat de tout ceci, c’est qu’on n’a jamais été aussi bien équipés pour bien servir nos clientes et clients. 

Les conditions de travail (et les salaires) sont bien meilleurs que si on avait choisi de viser à continuer de grossir et de se structurer pour être une équipe beaucoup plus grande.

Et, notre profitabilité s’est aussi grandement améliorée, et stabilisée.

Alors, est-ce qu’on a vraiment arrêté de croître? 👀

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Dans "Le Courrier de la Pub", on répond chaque mois aux questions débutantes, intermédiaires et avancées du public.

Écrit par <a href="https://agenceantilope.com/author/charles/" target="_self">Charles Davignon</a>

Écrit par Charles Davignon

Allo! J'ai fondé Antilope en 2018, et j’adore la pub autant que j’aime l’innovation dans la culture de travail. Mon objectif inavoué, c’est qu’Antilope soit une tête d’affiche nationale dans l’expérience, la confiance et la transparence qu’on amène à toute l’équipe. À part ça, je suis amateur de décaf. Retrouve-moi sur LinkedIn.